La chanson du moment #1 : Offend in every way

Publié le par Mademois'Hell

Bonjour bonsoir !

 

Ce ne sont pas les idées d'articles et autres articles commencés depuis des lustres qui manquent, mais j'ai un tout petit coup de flemme en ce moment. Et comme je suis très très mauvaise dès qu'il s'agit de prendre sur moi, c'est (entre autres) le blog qui prend.

 

(Je vous rassure, j'ai au moins deux reviews à venir, ainsi que deux articles un peu plus fouillés... Il faut juste que je retrouve la motivation, et que je trouve le temps.)

 

Donc, pour vous proposer quelque chose ET pour ne pas perdre l'influx, j'inaugure une nouvelle catégorie d'articles, que je vais, je l'espère, réussir à rendre intéressante. Le titre parle de lui-même : ça s'appelle "la chanson du moment".

 

(J'ai vaguement pensé à un jeu de mots pourri : "how song is now" - j'ai beau assumer la référence aux Smiths, je n'étais pas sûre d'avoir envie de vous infliger ça régulièrement.)

 

Le concept est simple : une chanson m'obsède, ne me sort pas de la tête, je vous en parle et je vous explique pourquoi je l'aime, voire pourquoi est-ce qu'elle reste vissée dans mon crâne. (Encore que cette seconde partie ne soit pas la plus intéressante.)

 

J'inaugure ce nouveau type d'article avec un morceau qui ne me lâche plus depuis quatre jours. Je finis toujours par l'écouter même si ça ne me fait pas de bien, et je m'endors presque tous les soirs avec cette mélodie dans la tête. Cette putain de mélodie.

 

Offend in every way, des White Stripes. Ce titre est sorti sur White Blood Cells, autant dire qu'il ne date pas d'hier matin. (Rappelons à toutes fins utiles que WBC est sorti en 2001. Avant Elephant et avant que la Terre entière - moi y compris, hein, en 2001 je sortais de ma mériode rap pour renouer avec Matmatah et The Offspring, j'avais encore un peu de chemin à faire - découvre l'existence des White Stripes.)

Le troisième album du groupe donc, et un de mes favoris (je n'ai pas encore réussi à trancher avec Get Behind Me Satan, je vous enverrai un fax quand ce sera le cas).  Et sur ce disque, il y a donc une petite merveille qui se nomme Offend in every way.

 

Le morceau ouvre sur cette petite ritournelle, presque uniquement à la guitare, ces quelques notes atrocement efficaces, le genre de mélodie bluesy qui vous colle à la peau et dont vous ne vous débarrassez jamais. Le genre de mélodie que vous vous surprenez à fredonner sans avoir réalisé ce qui vous arrivait. Le genre de mélodie qui vous suit comme votre ombre ou comme un mauvais cafard.

 

Cette dernière image prend tout son sens lorsque Jack White se met à chanter. Ne me dites jamais que ce mec ne vit pas ce qu'il chante : la voix est sur un fil, comme prête à se briser, lourde de tout un vécu, peut-être de larmes déjà versées. Cette voix et ces mots vous prennent aux tripes et vous emmènent, vous aussi, jouer les funambules. Et le plus terriblement beau dans tout ça, c'est que vous vous en foutez, de tomber.

 

Car là où la mélodie et la voix vous ont déjà mis à genoux, le texte vous assène le coup de grâce. En trois couplets que je ne reproduirai pas ici, un homme vous raconte ce sentiment d'impuissance.

Connaissez-vous cette sensation, là, au creux de vous-même, cette petite litanie qui vous répète que quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, vous ne ferez qu'empirer les choses ? Savez-vous comment on se sent, lorsque le silence vous tue et que vos mots détruisent ce qu'ils étaient censé réparer ? Lorsque l'on n'est jamais assez bien ? Lorsque l'on a l'impression de devoir porter un masque et jouer un rôle, que tous ces éclats de verre sont les répliques d'une mauvaise comédie, même pas de ce que vous voulez être réellement ?

Savez-vous la lassitude que l'on ressent, quand on se débat avec son propre masque et que les mots deviennent des traîtres ?

 

Je ne sais pas s'il y a pire sensation au monde.

 

Alors une mélodie désespérée comme compagne, ce n'est pas si nul, comme consolation.

 

 

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