Deportivo @ L'Ubu, 20 février 2014

Publié le par Mademois'Hell

Ayaaaaaaaaa !

 

Je vous ai parlé du concert de BRMC auquel j'ai assisté, mais je ne me suis pas arrêtée là en février. Quelques jours après que les américains ont mis le feu au Stereolux de Nantes, je suis allée voir à l'Ubu de Rennes si Deportivo pouvait en faire autant.

 

¤ La salle

 

L'Ubu est une petite salle de concert située en plein centre-ville de Rennes, accolée au Théâtre National de Bretagne. Mais quand je dis "petite", c'est vraiment petite. On est sur une jauge d'environ 450 places debout (serrées). L'acoustique y est bonne et surtout, c'est une salle qui permet toujours des concerts assez intimes. Le genre d'endroit où, au fond de la salle, vous avez quand même l'impression qu'il suffit de tendre le bras pour toucher les artistes.

En termes de programmation, l'Ubu est une salle de musiques actuelles, qui ratisse très large : outre Deportivo, j'y ai déjà vu Emíliana Torrini et leur dernier gros coup est Deltron 3030. Vous voyez, on donne dans l'éclectisme. Les groupes programmés y sont toujours de qualité, ce qui fait de cette salle, depuis environ 25 ans, un lieu assez incontournable.

 

¤ Première partie : Apochela

 

Pour ouvrir les hostilités, le groupe rennais Apochela. Il s'agit d'un tout jeune groupe d'indie rock qui commence à faire parler un peu de lui, au moins dans la région (j'avoue que je n'ai pas une idée très nette de leur rayonnement national).

Prestation correcte, de bons musiciens. Je ne connaissais pas leur musique et je n'ai pas été immédiatement séduite, pas parce que les morceaux sont mauvais mais parce qu'il s'agit d'un style qui ne me percute que rarement de plein fouet. Le seul bémol que je mettrais sur le set, c'est d'avoir mis le morceau le plus rock, le plus dur, à la fin. Je ne trouve pas ça forcément trop judicieux, surtout quand on ouvre. J'ai eu l'impression de voir un groupe qui jouait à 40% de ses capacités les 3/4 du set avant d'enfin tout donner sur la dernière chanson et c'est dommage parce que le sentiment général reste assez "meh".

Toutefois, si vous voulez vous faire une meilleure idée (et c'est ce que je vais faire moi aussi), leur EP au sympathique titre de "Hannibal" (si vous êtes fan comme moi, ça vous fera forcément sourire) est dispo sur le SoundCloud du groupe, où vous pouvez même le DL gratuitement. Just so you know :)

 

¤ Seconde partie (parce que j'ai peur de me faire taper sur les doigts si je dis "main act") : Déportivo

 

A mon grand drame, il est peut-être encore nécessaire de présenter Déportivo. Ce groupe de rock français, pas assez connu à mon sentiment, écume les routes de France et nos oreilles depuis une grosse dizaine d'années. Leur premier album, Parmi eux, a connu un certain succès critique et public qui leur a ouvert les portes de quelques sympathiques festivals français (Art Rock, feu Bobital, notamment).

Le second, Déportivo, a lui aussi rencontré un bon succès critique, mais a été un peu moins bien reçu du public. La suite, elle est malheureusement connue par beaucoup de groupes : relatif échec de Ivres et débutants, départ de la maison de disques, etc.

Il y a quelques mois cependant, les trois garçons sont revenus avec un nouvel album, Domino, produit sur leur label. Un album dans la droite ligne des trois précédents, qui envoie un rock pas trop lisse, influencé par la chanson française aussi bien que par les Clash. Oui oui, c'est possible.

Venons-en au concert, donc. A ma grande honte, c'était la première fois que je voyais le groupe sur scène et je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. Ce que j'ai compris très vite, c'est que le public était motivé : les gars n'étaient pas encore sur scène que ça gueulait déjà à moitié. Quand ça commence comme ça, c'est bon signe.

Une fois sur scène, le ton a vite été donné quand Jérôme (le chanteur et guitariste) a copieusement arrosé la salle à coups de bière. Dans une petite salle comme l'Ubu, on y a tous eu droit, même moi qui n'étais pas exactement devant la scène. Sympa, merci Jérôme !

Tout le set est à l'avenant. Entre chaque morceau, les gars déconnent, Jérôme saute dans la foule plusieurs fois (dont une où il est plutôt tombé qu'autre chose), ils font monter une vingtaine de personnes sur I might be late, bref, le concert se transforme peu à peu en gros bordel où tout le monde chante, s'amuse, rigole, bref : partage. Jusqu'à l'arrosage final, à l'eau cette fois-ci (merci Jérôme !).

Quand à la setlist elle-même, c'est une quasi-perfection. Anciens, nouveaux amateurs du groupe, tout le monde en a eu pour ses envies tant les quatre albums étaient bien représentés. Certains morceaux emblématiques, comme I might be late, Roma, 1000 Moi-Même ou la reprise de Les bières aujourd'hui s'ouvrent manuellement de Miossec, ne pouvaient pas manquer à l'appel. Enfin, on notera le clin d'oeil à Souchon à la fin de L'Avance, la cover avortée de Tostaky (ma frustration a failli crever le plafond) et la cover de... Be my baby des Ronettes. Oui, vous avez bien lu. En version slow.

Les gars de Déportivo ne sont pas cons mais ils osent tout. On les aime pour ça.

On les aime aussi pour l'ambiance qu'ils savent mettre et les moments qu'ils nous font vivre.

 

Pourvu que ça dure !!

Publié dans Live reports

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