Review: AM

Publié le par Mademois'Hell

Oui, je sais ce que vous allez dire. Je SAIS que ce disque est sorti il y a des mois.

 

J'ai essayé de résister. Mais non, je craque. Il FAUT que je vous dise tout le bien que je pense du dernier album des Arctic Monkeys.

 

Tout d'abord, remontons quelques années en arrière (ce qui mettra un coup de vieux à quiconque avoisine mon âge, ou le dépasse) et souvenons-nous des débuts du groupe. Du moins, souvenons-nous de l'album grâce auquel ils ont explosé. Le génialement intitulé Whatever people say I am, that's what I'm not.

(Je dis "génialement" parce que ce titre d'album m'a servi à me décrire auprès d'autrui pendant des années.)

 

A l'époque, les Monkeys avaient un peu tout de la bande d'ados un peu gauches, un peu boutonneux, pas très sex, mais qui s'énervaient sur leurs instruments avec une maîtrise remarquable pour balancer un rock encore un chouïa propret, mais très très énergique. Ce qui leur donnait une certaine classe, qu'on n'aurait pas garantie rien qu'en les voyant.

 

Après un léger temps de silence des média à leur sujet, le comeback a eu lieu en 2013. Et il fut fracassant.

 

Pour commencer, l'iconographie du groupe a changé. D'une bande de gamins aux cheveux soit trop longs, soit pas assez, les quatre garçons ont muté en crooners gominés qu'on croirait tout droit sortis du début des sixties. Vestes cintrées, banane, dégaine de macho suranné, tout y passe. Mais là où nos BB Brunes nationaux ont lamentablement échoué, les Monkeys parviennent à rester crédibles. "Plus c'est gros, plus ça passe", comme on dit. C'est l'idée.

 

Parce que ça passe très bien. A vrai dire, dès l'intro de Do I wanna know?, single tiré de l'album et tuerie monumentale, on sait où on se trouve. C'est lourd, c'est scandé, c'est sombre. C'est classe. Et c'est putain de sexy.

 

Oui, messieurs-dames, s'il ne fallait retenir qu'un seul adjectif pour qualifier cet album, ce serait sexy. C'est essentiellement dû au chant d'Alex Turner, qui se la joue effectivement crooner insolent (vous avez certainement entendu/lu le discours sur le rock qu'il a tenu, légèrement alcoolisé, lors de la cérémonie des Brit Awards...) et balance ses textes avec nonchalance. Ladite nonchalance va d'aileurs jusqu'à se foutre un peu du rythme de la musique. Comme si Turner n'avait pas grand-chose à faire de ce que fabriquent les trois mecs derière lui. Ce qui n'est peut-être pas faux, mais c'est un autre débat.

Evidemment, ce décalage rythmique ajoute au groove général de chaque chanson, et c'est là que réside la prouesse. On prend un gros bordel et on le fait fonctionner, parce qu'on sait ce qu'on fait.

 

Si plusieurs morceaux sont clairement faits pour être sussurrés dans une pièce peu éclairée (Do I wanna know, One for the road, I wanna be yours, No.1 Party Anthem...), d'autres sont beaucoup plus rock et dansants (R U mine?, I want it all, Why'd you only call me when you're high?).

Et il y a le morceau qui, à mon goût, tranche un peu avec le reste du disque. J'ai nommé : Snap out of it. Entendons-nous bien : j'adore cette chanson et elle a clairement sa place sur AM, en ce sens qu'elle partage certaines caractéristiques de ses consoeurs. Mais si elle se distingue, c'est sans doute parce que la tension sexuelle y est nettement moins présente... C'est une petite bouffée de légèreté qui est bienvenue, malgré tout !

 

En bref, un album excellent, moderne et vraiment original (ce qui ne se fait plus tant que ça, par les temps qui courent). Et sexy. Oh oui, sexy.

Ça manque, croyez-moi, des chansons actuelles qui donnent vraiment des idées et qui soient aussi très écoutables !

 

Le seul bémol ? Car oui, il y en a un...

Les Monkeys ont vraiment mis la barre très haut avec ce disque. Pourvu que le prochain album ne soit pas celui de la chute.

 

Mes favoris : Do I wanna know?, R U mine, I want it all, I wanna be yours, Snap out of it

 

Artiste : Arctic Monkeys

Album : AM

Label : Domino Records

Sortie : 9 septembre 2013

Note : 9/10

Publicité

Publié dans Rock

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article