Les Nuits de l'Alligator @ Stereolux, Nantes, 7/2/2014
Il n'y a pas que les bons disques qui méritent qu'on parle d'eux. Les bons concerts aussi.
Alors, laissez-moi vous raconter ma soirée du 7 février.
Ça se passait à Nantes, en plein centre, dans la (relativement récente) salle du Stéréolux. Perso, je ne la connaissais pas encore, mais hormis la galère infernale de la circulation et du stationnement sur l'île de Nantes, je ne lui ai pas trouvé beaucoup de défauts. Elle est bien grande, l'acoustique est plus que correcte, la scène est bien fichue... Le seul truc un peu chiant, c'est de n'ouvrir qu'une seule porte après le concert. L'évacuation est juste super lente et ça, c'est relou, surtout quand on doit se taper 1h30 de trajet retour. Mais c'est un détail.
(Oui, j'ai décidé de parler des bonnes salles aussi. Ça me semblait juste. On n'en parle pas assez.)
Donc. Les Nuits de l'Alligator. Nantes. Stéréolux. 7 février 2014.
Starring: Dead Combo, Kid Karate et Black Rebel Motorcycle Club.
¤ Dead Combo :
Il ne s'agit pas du groupe électro protugais, mais de son homonyme new-yorkais. Ils sont deux, et balancent un rock un peu crado et un peu électronisant. Le set est plutôt cool même si le public n'est pas encore bien réveillé. J'aimerais bien en dire plus mais les impondérables du stationnement en centre-ville nantais m'en ont fait louper la moitié... Voilà voilà. A revoir pour m'en faire une meilleure idée.
¤ Kid Karate :
Aaaaaah. Je pourrais faire monter la tension, commencer gentiment en parlant du groupe de façon détachée pour finir par leur chanter des louanges comme une vestale, mais non, j'ai pas envie, alors je vais le dire cash : ce groupe, c'est LA découverte de la soirée. Ma première grosse découverte de 2014. Pour vous la faire courte, Kid Karate est un duo irlandais, composé d'un chanteur-guitariste et d'un batteur. Un groupe qui balance un rock pas trop crado, mais vraiment, vraiment bien envoyé. Je ne saurais trop vous conseiller de vous jeter sur leur maxi, qui est (au moins) en écoute sur Deezer (là, vous avez vraiment plus aucune excuse).
Comment vous faire comprendre qu'à eux deux, ils ont réussi à faire monter la température dans la salle d'une bonne dizaine de degrés, qu'ls ont conquis tout le public au bout du deuxième morceau, et que pour un peu, pour quelques instants, on n'était plus complètement focalisé sur la tête d'affiche de la soirée ? Hum, je crois que je viens de le faire.
Bref, une claque. Vraiment. Parce que c'était complètement inattendu, vous voyez.
¤ Last but not least, Black Rebel Motorcycle Club :
Evidemment, on était tous là pour eux. C'est qu'on commence à bien les connaître, les énergumènes. Cela fait plus de quinze ans qu'ils ont conquis le monde, démontrant, si c'était encore nécessaire, que Minus et Cortex ont vraiment rien calé à la vie. Exit les plans tordus : pour conquérir le monde en embarquant des millions de coeurs avec soi, il suffit de composer de la bonne musique, des chansons qui parlent, des mélodies qui ne trichent pas, sans un gramme d'artifice. Et de s'accrocher quand la tempête fait rage.
Et c'est ce que BRMC a fait, album après album.
Parlons du set, peut-être (ce n'est pas exactement le moment que je vous fasse une dissertation sur mon amour pour BRMC, vous allez vous endormir avant la fin du prmier paragraphe !).
Le groupe nous a servi une setlist parfaitement calculée. Bien sûr, Specter at the feast et Beat the Devil's tattoo étaient là en force, mais les deux derniers albums ont su faire place aux titres historiques, remontant jusqu'au premier album du groupe.
En ce qui me concerne, je pense que j'étais perdue dès le deuxième morceau, quand j'ai entendu les premières notes de l'intro de Beat the Devil's tattoo. J'ai une relation assez particulière avec cette chanson et, avouons-le, j'ai poussé un petit cri de fangirl. Mais merde, c'était trop bon !
Et je ne suis manifestement pas la seule à avoir réagi comme ça. Peu à peu, l'ambiance est montée, jusqu'à ce que le groupe entame Six Barrel Shotgun. Là, on a perdu la moitié de la fosse : ça s'est mis à pogoter, à slammer dans tous les coins... Epique. Tellement épique que ça pogotait encore sur Red Eyes And Tears. Vous connaissez Red Eyes And Tears ? Ça donne ça :
Pas tellement à fond dans l'énergie, non ? Pas grave. On s'en fout. On kiffe, tous, même aux balcons, et même sur scène.
En effet, autre excellent point du concert : l'ambiance et l'interaction entre le groupe et le public. J'avais déjà vu BRMC à Rock en Seine en 2010 et même si j'avais trouvé le set très correct et carré, j'étais un peu resté sur ma faim en termes d'ambiance. J'avais un peu mis ça sur le compte de la météo parisienne merdique ou du public qui n'était pas forcément à 100% là pour eux, mais quand même, je m'attendais à plus.
Quelle n'a donc pas été ma surprise en retrouvant un groupe souriant, détendu, avec un petit mot après chaque morceau ou presque !
Vraiment, vraiment, un sans faute.
Evidemment, Whatever happened to my rock'n'roll pendant le rappel, qui a transformé la fosse en meute déchaînée (j'étais juste au bord de la zone de pogo, je me suis fait secouer comme un prunier).
La cerise sur ce beau gâteau : la première partie du rappel. Imaginez un seul micro posé en devant de scène, au milieu. Imaginez Turner et Hayes, guitare en main. Imaginez trois morceaux (dont je tairai les titres pour teaser jusqu'au bout) acoustiques. Ajoutez un fou rire et des paroles oubliées. Un petit moment de temps arrêté, au milieu d'un concert bourré d'énergie.
En un mot : wâw.
Ma pensée à la fin du concert, alors que je tentais péniblement d'atteindre la sortie : "Putain, qu'est-ce que je viens de vivre ?"
Il n'y a vraiment pas beaucoup de groupes qui ont réussi à me faire cet effet. J'ai bien assez d'une main pour les compter.
Bref : si vous n'avez jamais vu BRMC live, COUREZ-Y BON SANG ! C'est pour votre bien que je vous dis ça.
Edit 28 mars : vous connaissez la nounouille qui confond deux titres ? C'est moi !