Review: Axiom

Publié le par Mademois'Hell

Je ne vais pas pouvoir vous le cacher très longtemps : c'est avec une joie et une excitation rarement égalées que je commence cet article. Parce que je vais vous parler de mon groupe préféré et de son dernier projet, un événement qui m'a fait trembler d'impatience avant de me faire trembler tout court.

Attention : cet article ne sera absolument pas objectif et sera dithyrambique jusqu'à la nausée. Vous êtes prévenus. Ceci dit, dès que je parle de ce groupe, je m'enflamme (à lunettes).

 

Axiom est donc le tout dernier projet du groupe londonien et inclassable Archive. Je dis "inclassable" parce que ce groupe ne rentre dans aucune catégorie. Rock progressif ? Post-rock ? Trip-hop ? Electro ? Aucune étiquette n'est assez grande pour qualifier cet OVNI. Archive est Archive et aucune autre définition n'est juste. C'est comme ça.

 

Axiom n'est pas un simple album. Pour commencer, Axiom est un concept album, comme Controlling Crowds en son temps (oui, je maintiens que CC est un concept album, et quiconque a assisté à un concert de cette tournée saura de quoi je parle). Mais ce n'est pas que ça. Pour la première fois de son histoire, Archive associe sa musique à un film. Un court-métrage d'une quarantaine de minutes réalisé par le collectif espagnol NYSU.

 

Faire une review de la seule musique n'aurait pas de sens, alors je vais, exceptionnellement, vous parler cinéma aussi.

 

¤ Axiom - Le film

 

La genèse du film est assez hors du commun. Il faut savoir que le film a été écrit pour la musique, et non l'inverse. En outre, le film a été écrit et réalisé avec une liberté quasi totale.

Le résultat est... Après le premier visionnage, le seul mot qui m'est venu à l'esprit est : "noir". Axiom est tourné en noir et blanc, dans un univers pourtant futuriste. L'ambiance sombre et, disons-le, franchement glauque apportée par le N&B sert l'univers dystopique et post-apocalyptique d'Axiom.

Axiom est une île au milieu de nulle part, qui a souffert, mais n'a pas été détruite, lors de la Troisième Guerre Mondiale. Axiom est une ville privée de liberté et régie par la Cloche. Axiom est une ville où la résistance, c'est le silence.

Axiom est froide, dure, violente, désespérée. Et l'image ne montre rien d'autre. A travers plusieurs tableaux, certains très durs à regarder, l'équipe de NYSU peint une société apeurée et inhumaine.

Comme dans toute dystopie moderne, l'influence de 1984 se ressent et personnellement, je ne vais pas m'en plaindre. Le résultat est dur et magnifique, et la musique d'Archive, comme il fallait s'y attendre, se marie à la perfection avec les différents aspects de l'histoire qui sont présentés à l'écran. Bluffant.

 

¤ Axiom - L'album

 

Tout comme le film, l'album se décompose en sept tableaux, aux rythmes et aux mélodies très différentes, mais qui s'imbriquent les uns dans les autres en créant une véritable cohérence.

Le disque, la bande-son, peu importe le terme retenu, s'ouvre sur des envolées de cordes et la voix douce, mais très vite puissante, de Pollard Berrier. Distorted Angels est un long crescendo de tension dramatique, qui n'offre pas l'explosion finale attendue. A la place de cette explosion, le son d'un courant d'air, un brouillard, puis les cloches.

Pour ceux qui ont assisté à la tournée de Controlling Crowds en 2009, vous vous souvenez peut-être des nombreux coups de cloches qui avaient marqué le début et la fin du concert. Là, c'est un peu la même chose. Les cloches martèlent le silence, créant une atmosphère oppressante (vraiment) pendant quelques dizaines de secondes, jusqu'à l'effondrement final, qui laisse la place à la véritable mélodie d'Axiom : une boucle de quatre notes au clavier, avec en toile de fond, un carillon qui a rappelé Tubular Bells à de nombreux critiques. Les éléments de l'architecture s'ajoutent ensuite un à un, comme c'est souvent le cas avec Archive. Axiom est une pièce entêtante qui illustre complètement le côté progressif du groupe.

Baptism, le troisième chapitre de cette histoire sonore, est beaucoup plus rock, beaucoup plus hargneux, et laisse place rapidement au diptyque Transmission Data Terminate, très électronique, aérien, quasi-désincarné, beaucoup plus proche du trip-hop.

The Noise of Flames Crashing est un morceau lent, calme, porté par la voix pure de Maria Q, dans le plus pur style de Collapse/Collide ou I will fade. C'est le titre qui me plaît le moins, mais il s'intègre parfaitement dans l'album.

Enfin, car je vois Axiom - Reprise comme un générique de fin - ce qu'il est dans le film, d'ailleurs - Shiver est un titre étonnamment plus léger, plus lumineux, comme une ouverture sur l'avenir. Celui des habitants d'Axiom, celui d'Archive, le nôtre, c'est au choix. A vous d'interpréter.

 

Après le non-conceptuel et non moins excellent With Us Until You're Dead, Archive renoue avec le concept album. Axiom se rapproche beaucoup de l'esprit de Controlling Crowds, tout en incorporant des éléments plus mélodiques de Lights. Best of both worlds? Possible.

Une fois encore, Archive réussit à réinventer sa musique sans rien changer à sa formule, avec un son, une patte uniques, qui en font un groupe encore et toujours inclassable. Et qui prouvent que Darius Keeler et Danny Griffiths sont à compter parmi les meilleurs compositeurs de ce début de XXIe siècle.

 

The Bell will ring tomorrow, and everything will be fine...

 

Mes favoris : Axiom, Distorted Angels, Baptism

 

Artiste : Archive

Album : Axiom

Label : Dangervisit Records

Sortie : 26 mai 2014

Note : 9/10

Publié dans Trip-hop

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