Semaine 18 - 2 / Heligoland
Artiste : Massive Attack
Titre : Heligoland
Date de sortie : janvier 2010
Date de découverte : janvier 2010
Label : Virgin
Note : 8.5 / 10
Envoûtement n°2
Par le passé, Massive Attack, le groupe pionnier du trip-hop à la sauce Bristol (mais rendons à Tricky et Portishead ce qui leur appartient…), a déjà produit l'album parfait. Rappelez-vous. C'était en 1998. La merveille s’appelait Mezzanine. Un somptueux enfilage de perles sombres et organiques, à l’odeur de métal chauffé. Un chef-d’oeuvre encensé par la critique et les fans, sans doute le meilleur album de trip-hop qui ait jamais été réalisé. Le crime parfait.
Malheureusement, on n’atteint jamais la perfection deux fois. Massive Attack l’a également démontré avec ses diverses BO de films, et surtout avec l’album 100th Window, dans lequel Robert Del Naja, seul aux manettes, a laissé parler sans dilution son penchant pour l’électro industrielle. Un disque froid, métallique, presque désincarné, très décrié par ceux qui ont toujours préféré Blue Lines.
C’est aussi pour ça que ce Heligoland était attendu au tournant. Sept ans après un album que beaucoup ont trouvé en demi-teinte, et avec le retour de Grant Marshall, beaucoup espéraient un nouveau Mezzanine, ou alors attendaient en ricanant que le groupe se casse la gueule, pour pouvoir clamer haut et fort que les Anglais étaient finis, appartenaient au passé.
Grave erreur.
Rôdé sur scène, nourri d’influences et de contributions, Heligoland est très loin d’être un échec. Cela commence par Pray For Rain, un morceau au rythme lancinant, digne fils du titre Mezzanine et de Smalltime Shot Away, bercé par la chaude voix de Tunde Adebimpe. Ce premier titre est un premier charme. Suivi de tant d’autres : Babel, chanté par Martina Topley-Bird, la ballade quasi pop Saturday Come Slow, où Massive Attack s'offre un featuring en or en la personne de Damon Albarn, et surtout l'urgent Rush Minute et le charnel Paradise Circus, sur lequel la voix de Hope Sandoval donne de sérieux doutes sur les anges. Dix morceaux rythmés, électriques et organiques, loin de la froideur de 100th Window et de la désillusion de Mezzanine, clôturés par le magnifique Atlas Air.
Certains ont voulu enterrer Massive Attack trop tôt, mais il s’avère que cet album est sans doute l’un de leurs meilleurs. Certes pas aussi parfait, ni aussi accessible que Mezzanine. Très honnêtement, il m’a fallu trois écoutes pour apprécier toutes les subtilités de ce disque. Plus précisément, pour me rendre compte que ce disque est tout simplement un bijou.
Sorcelleries : Pray For Rain, Atlas Air, Paradise Circus, Rush Minute
Petite amulette : Psyche
Humeur du jour : stressée
Chanson du moment : Sharon Jones and the Dap-Kings – I’ll Still Be True