2013 dans le rétro
La fin de l’année est là, c’est l’heure des fêtes, de la dinde, des zappings pourris et des listes/bilans/classements.
C’est donc le moment pour moi de faire un peu mon bilan de 2013. Je vais commencer par les « nominations » un peu plus négatives, pour finir par les plus flatteuses. Toujours garder le meilleur pour la fin, c’est la base.
L’artiste le plus surestimé de l’année : il y aurait beaucoup de nominés dans cette catégorie et je pense que beaucoup citeraient Stromae en premier lieu, mais dans mon classement, c’est définitivement Maître Gims qui arrive en tête. La tête de gondole de Sexion d’Assaut a été partout cette année, a sorti un nombre incalculable de singles, dont le tout dernier avec Vitaa (si, vous savez, la chanteuse de R’n’B qui a inspiré Fatal Bazooka), qui ont tous très bien marché. Malheureusement, si on écoute un peu les paroles de Gims, on se rend compte que… Ben c’est franchement pas terrible. Entre allitérations ratées (« j’devais t’présenter à Karl Lagerfeld, mais t’as merdé, vas-y, file ») et emprunts franchement honteux (« j’suis l’ombre de ton iench’ » - mais qu’est-ce que Brel t’a fait pour mériter ça ?), honnêtement, on ne peut pas dire que les textes de Gims dépassent de beaucoup le niveau 3ème. Et ça, pour moi, ça passe pas. Surtout quand c’est matraqué absolument partout.
Le morceau énervant de l’année : Get Lucky. Ou comment Daft Punk en petite forme réussit encore à passer pour les dieux de l’univers. Et à se faire diffuser en heavy rotation sur tout ce qui ressemble à un média. Au secours, rendez-moi Robot Rock.
Le gâchis de l’année : Miley Cyrus. Soyons clairs : qu’elle se trimbale à poil sur une masse, je m’en fous complètement. A la limite, elle a fait le buzz, elle a bien réussi son coup médiatique. Ce que je trouve vraiment dommage, c’est qu’à force de tirer la langue, de cultiver une image trash, machin, on en oublie qu’elle a une voix plutôt chouette et que Wrecking Ball est une chanson d’amour plutôt bien ficelée et pas si mal écrite que ça. Don’t judge a book by its cover, disent-ils. Sauf qu’on ne juge même plus le livre. Plus globalement, Miley Cyrus fait partie d’une brochette de chanteurs/groupes qui sont juste bons à faire les gros titres de la presse pour leur comportement ou leur vie privée, et pas pour ce qui se trouvent sur les disques qu’ils vendent. Moi je trouve qu’il y a un souci là-dedans. D'ailleurs préparez-vous, il y a des chances que j'écrive là-dessus dans pas longtemps. (Même si j'ai 640 articles en préparation et qu'aucun d'eux n'avance - je suis très dispersée.)
La chanson sexiste de l’année : ça, c’est ma petite catégorie perso. En 2012, ça aurait été Whistle de Flo-Rida, ce vibrant hymne à la fellation. Cette année, sans l’ombre d’une surprise, ce sera… Blurred Lines ! Robin l’Epais (ce sublime jeu de mots n’est pas mon idée originale) a signé un morceau qui, sous couvert de drôlerie, aligne les affirmations sexistes et animalise à mort ces pauvres petites choses que nous sommes. On n’est pas loin du Moyen-Age où les femmes étaient des animaux incapables de se contrôler… Du coup, on se demande ce que Pharrell Williams est allé faire à cette galère. Et si les trois mannequins du clip ont compris ce qu’elles jouaient. D’ailleurs le clip est encore plus nauséabond que le morceau. Y a des claques qui se perdent.
Passons maintenant aux bons crus !
La découverte de l’année : sans surprise là encore, je dirais Lorde. Cette fille a un truc. 17 ans, bourrée de talent, une nonchalance réelle ou affectée mais vraiment efficace, des mélodies bien foutues et surtout, une sacrée voix. Avec son album et son Royals, Lorde a frappé fort.
La découverte « trois ans après la bataille » : vous le savez ou vous allez l'apprendre, mais je ne suis pas forcément l'actualité musicale de très près. Par conséquent, il n'est pas rare que je découvre un disque ou un groupe alors qu'il commence à ne plus être hype. Il me fallait donc bien une catégorie pour ça. Donc, j’y ai mis le temps, mais en 2013, j’ai découvert The Black Keys. Comment ai-je vécu sans ce groupe ? J’en sais rien. Mais si vous aussi, vous avez réussi à passer à côté, jetez-vous sur leur dernier album, El Camino. Tout de suite.
Le clip de l’année : ne me jetez pas de cailloux pour ce que je vais dire. Je regarde vraiment peu de clips… et en général c’est sur D17. Donc je vois vraiment peu de clips qui ne sont pas de la grosse machine mainstream. Du coup, le clip le plus chiadé que j’ai vu cette année… C’est celui d’Applause de Lady Gaga. Bon, certains choix esthétiques sont assez douteux, mais globalement, c’est bien fait, bien mis en lumière et plutôt très joli à regarder. A noter que j’ai trouvé, dans un tout autre genre, celui de Berzerk d’Eminem assez bien fichu.
Catégorie « normalement j’aime pas mais sans déconner, ça j’aime bien ! » : Macklemore & Ryan Lewis. Quand ils ont débarqué en début d’année avec Thrift Shop, j’étais pas emballée. Puis Can’t hold us est sorti et là… Je me suis dit que Macklemore avait pas un flow dégueu et que c’était quand même chiadé et franchement différent du rap qu’on entend partout. Puis j’ai écouté Same Love et j’ai plus rien dit. Alors qu’on a passé 2013 dans une ambiance pourrie entre Manif pour tous-ceux-qui-pensent-comme-nous, agressions homophobes et libération de la parole xéno/homo/libertophobe, Macklemore a livré un texte plutôt intelligent. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’un texte parfait, loin de là. Justement, ce n’est pas parfait et surtout, cela ne se veut pas objectif. Avec un parti pris assumé, Macklemore raconte son enfance et ses préjugés, les sermons à l’église et tutti quanti, de son point de vue d’homme blanc hétéro et chrétien. Il ne fait pas une leçon de morale, il donne juste son avis. Et c’est précisément ça qui est intelligent. Plutôt que se borner à dire « vous êtes homophobes donc vous êtes bêtes, ayez honte de vous », le message est plutôt « moi aussi j’ai grandi bardé de préjugés, mais réfléchissez deux secondes, vous pensez pas qu’en fait ces préjugés reposent sur rien ? » - et c’est terriblement efficace. Alors OK, Macklemore ne vient pas du ghetto, mais à la limite, je m’en fous. Ses textes sont bons, il les rappe bien et si vous faites gaffe, ses clips sont pas dénués d’auto-dérision sur le rap bling-bling. C’est cool.
Album de l’année : pas évident. J’ai beaucoup aimé l’album AM des Arctic Monkeys, où l’on voit que les mecs ont mis un peu de whisky dans leur eau, c’est plus noir, un peu plus sale, vraiment pas mal. Je viens tout juste de me prendre une petite claque avec Matangi de M.I.A. qui est un excellent album de hip-hop, pas très accessible, plutôt hype mais vraiment, vraiment bien fait et intéressant. J’ai dévoré Night Visions d’Imagine Dragons, probablement le meilleur album pop-rock de l’année. Mais en réalité, je crois que l’album le plus intéressant, le plus abouti et le plus classe que j’ai entendu cette année est le …Like Clockwork des Queens of the Stone Age. Un jour, il faudra que je vous parle de toute la sympathie que j’ai pour Josh Homme. En attendant, sachez que cette fois encore, les Queens nous ont claqué un petit monstre de stoner rock mélodique et intelligent. Amen.
Et vous, c'est quoi vos sensations musicales de 2013 ?