Inspiration ?

Publié le par Mademois'Hell

Rassurez-vous, je ne vais pas parler de mes problèmes d'inspiration pour écrire ici. :D

 

Je ne vais pas non plus m'embarquer dans une dissertation de quatre heures sur les liens entre musique et littérature, encore que je trouve le sujet très intéressant et que, ayant été convertie à Proust il y a quelques mois, j'ai déjà un peu de matière. Ce sujet n'est pas fait pour un blog, et ce blog n'est pas non plus fait pour ce genre de sujet.

 

Non, c'est sous un autre angle que je souhaite aborder l'inspiration.

 

Je vais partir de deux exemples personnels, deux morceaux qui ne font pas partie de mes favoris mais qui ont suscité chez moi une inspiration particulière.

 

Tout d'abord, Bedroom Dancing du groupe anglais Day One. J'écoutais pas mal de morceau vers l'âge de 15-16 ans, à l'époque où un de mes disques de chevet était la bande-son de Cruel Intentions. Mais si, vous savez, le remake des Liaisons dangereuses à la sauce teen movie. Sans partir dans la critique du film, ce n'est pas du tout mon film de chevet, soit dit en passant.

Bedroom Dancing est un titre aux sonorités électro avec un chant hip-hop assez sucré. Une saveur de circonstance, sachant que la chanson décrit très métaphoriquement une nuit torride pendant quelques trois minutes.

Rien de très impressionnant ni marquant dans l'histoire de la musique, n'empêche qu'à force d'écouter ce morceau, des images se sont posées dessus. Sans que je le cherche, j'ai fini par imaginer un clip au morceau.

Le souvenir est encore assez clair, je pourrais l'écrire, à défaut de le réaliser !

 

Second exemple, pas du tout dans le même genre et beaucoup plus récent : 1990 quatrillions de tonnes de Gojira. Alors là, les enfants, on range la sexytude et le sucre, on en est très loin. Loin comment ? Genre Bételgeuse c'est la maison du voisin.

(En même temps, c'est plutôt une bonen chose que mes goûts musicaux aient évolué depuis mes 15 ans.)

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Gojira est un excellent groupe de death metal français, que je ne peux que vous conseiller vivement, d'autant plus que je ne suis pas une métalleuse pure et dure.

Pour ceux qui connaîtraient mal, 1990 quatrillions de tonnes est extrait de Terra Incognita, le premier album du groupe. Ouais mais voilà. J'ai dit tout ça, et vous ne savez encore rien du morceau.

1990 QdT s'articule autour d'une phrase lente, lancinante, aux antipodes du gros riff métal qui fait mal au plexus. Pas de chant. En lieu et place de ça, une litanie de cris primaux, insensés, glaçants. Le morceau instaure une atmosphère angoissante, voire franchement malsaine

Je pense que le commun des mortels se demande bien à quoi ça rime, et qu'il doit bien se trouver un ou deux métallo-hipsters (ne riez pas, je pense que le concept existe) qui trouvent un sens cryptique et extrêmement intellectualiste à cette succession de cris. Et si vous ne comprenez pas, c'est que vous êtes bêtes alors fermez-la.

(Non, le métal n'échappe pas à ce syndrome d'élitisme crétin, ne rêvez pas.)

Je m'égare. Toujours est-il que 1990 QdT devient presque une obsession chez moi ces derniers jours. Comme si je cherchais à capter quelque chose dans ces cris. Quelque chose que je devrais écrire.

Il n'est plus question d'imaginer un clip cette faois-ci, mais que le morceau devienne le socle d'un écrit. Une page, dix, deux cents, je n'en ai aucune idée.

 

Je ne vais pas m'étaler ici sur les possibilités littéraires qui s'offrent à moi, puisqu'ici, je parle musique.

Néanmoins, je me demande par quels mécanismes psychiques l'écoute d'une musique peut-elle déclencher une envie d'écrire qui soit assez forte pour en devenir physique.

J'ai déjà lu partout que Proust puisait son inspiration chez Wagner et que Patrick Eudeline était influencé par le mouvement punk. J'ai déjà lu des pages et des pages de romans dont les personnages baignaient dans telle ou telle musique

Mais là, il n'est pas question d'une inspiration "à long terme", d'une tendance de fond qui façonne les goûts, les visions, l'atmosphère que l'on peut avoir envie d'insuffler dans ses écrits.

Non, je parle d'une insiration soudaine et extrêmement précise, directe. Où le son entraîne directement la création, presque sans assimilation.

 

Dans le second cas qui m'intéresse, je suis bien obligée de dire que je pense que cela vient d'une sorte de résonance, avec des choses que j'ai pu ressentir. La détresse, l'horreur absolue qui ressortent de ces cris primaux doivent entrer en résonance avec des sentiments qui ont été les miens il y a quelques années de cela. D'où la création. Je crois.

 

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