Review: Pure Heroine
J'ai beau avoir pas mal changé ma façon de fonctionner, cela ne m'empêche pas de revenir de temps à autre à mes premières amours : la review d'albums.
J'en ai parlé dans mon petit récap' de fin d'année, mais je trouvais que ce n'était pas assez, alors j'ai décidé de consacrer un post entier à l'album qui a décapé la scène pop en cette fin d'année 2013, à savoir : Pure Heroine de Lorde.
Vous avez sans doute pu le lire un peu partout, Lorde a 17 ans, elle est néo-zélandaise et elle a cueilli les louanges comme des pâquerettes ces six derniers mois. Son premier album, Pure Heroine donc, a réalisé la prouesse de rencontrer un succès public ET critique, notamment grâce au single Royals. Tout récemment, elle a d'ailleurs été nominée dans la catégorie Meilleure artiste féminine solo aux Brit Awards. (Les nominations et prix en tout genre ne vont sans doute pas s'arrêter là, m'est avis.)
De Lady Gaga à Amanda Palmer, les confrères et consoeurs de Lorde la portent aux nues, à tel point qu'avec un peu de cynisme, on en arriverait à se demander s'il ne s'agit pas de se montrer au côté de la chanteuse la plys hype du moment.
Cynisme mis à part, ils ont raison.
Lorde, oh Lorde, qu'as-tu fait ? Que nous as-tu fait ?
Pour commencer, effectivement, de quoi s'agit-il ? Où classer ce disque ? Les maniaques des petites cases s'affolent, les paranoïaques de la catégorie paniquent. On rangera Lorde, commodément, dans le grand fourre-tout qu'est le mot "pop", mais c'est beaucoup plus que ça. Pure Heroine s'aventure vers l'électro, le R&B, Lorde chante mais rappe presque par moments, et c'est une première frustration : on sent tout de suite qu'on n'aura pas assez de mots pour décrire ce qu'on entend.
Ensuite, oui, vraiment, que nous as-tu fait, mademoiselle ? Pourquoi, grands dieux (oui, je deviens emphatique et atrocement pompeuse, mais c'est ce qui fait mon charme), POURQUOI est-ce que l'oreille accroche comme ça, POURQUOI est-ce qu'on a envie d'écouter ces morceaux en boucle à longueur de journée ?
C'est vrai, quoi. En termes d'instrumentation, la plupart des morceaux sont minimalistes, à commencer par Royals ou Tennis Court, la mélodie est assurée uniquement par la voix... Oh, wait.
La voix. Ouais. L'atout majeur de Lorde, ce ne sont pas ses textes qui défrichent la teenage angst à coups de récits désabusés, ce ne sont pas ses mélodies bien écrites et terriblement accrocheuses. Il y a encore mieux. Sa voix, sa foutue voix. Et c'est là qu'il devient particulièrement important de se souvenir qu'on a affaire à une fille de 17 ans. A cet âge, Lorde maîtrise son timbre grave avec une facilité déconcertante. Alors qu'en réalité, ces morceaux sont tout sauf simples à chanter. Tout en nuances, avec une diction impeccable. Pour une chanteuse amateure, croyez-moi, c'est un véritable exercice de funambule. Ce qui rend Lorde encore plus épatante.
Alors on reste hypnotisé par cette voix, par les images qui nous viennent à l'esprit en l'écoutant (Tennis court m'inspire invariablement un teen movie à la sauce Gus van Sant), par les lignes de basse qu'on ressent plus qu'on ne les entend, et par la nonchalance froide, mais jamais morose, qui se dégage de tout l'album. Un disque cohérent, maîtrisé... Que dire de plus ? Ah, qu'on attend le prochain, peut-être ?
Mes favoris : Royals, Tennis Court, Glory and Gore
Artiste : Lorde
Album : Pure Heroine
Label : Universal
Sortie : 27 septembre 2013
Note : 8.5/10