Semaine 11 / 21
Artiste : Adele
Titre : 21
Date de sortie : janvier 2011
Date de découverte : juillet 2011
Label : XL
Note : 9 /10
Sans concession
Adele Atkins est une chanteuse britannique. Jusque-là, vous étiez au courant. Oui, mais non. C'est LA chanteuse britannique. Oubliez les Lily Allen, rangez au placard les Duffy, ignorez les Leona Lewis et riez franchement des Cheryl Cole. S'il ne faut retenir qu'une seule chanteuse pop britannique ces deux dernières décennies, c'est Adele. Et paf.
Je ne vais pas vous refaire toute sa bio, même si j'en ai bien envie, juste pour le fun. Je reviendrai toutefois brièvement sur son premier album. Tout aussi sobrement intitulé 19, il révélait une jeune chanteuse pleine de talent, toute fraîche et toute mignonne, dont la voix grave et puissante servait joliment des ballades comme Chasing Pavements ou des titres plus rythmés comme Cold Shoulder, une petite bombe pop qui m'a intéressée à la voix d'Adele. A l'époque, déjà, sa voix et ses mélodies ne laissaient pas indifférent.
Oui mais voilà : 21 est juste dix fois, cent fois au-dessus du niveau de 19. Je ne vais pas vous refaire la légende autour de la création de cet album, la presse people et même Wikipedia s'en chargeront bien mieux que moi. Non, moi je veux vous parler de la musique.
Le mélange prend dès les premières notes du premier morceau, le planétaire Rolling in the deep, qui a caracolé en tête des classements pendant des semaines. La tension s'installent, les lumières baissent, puis, posée sur une sourde ligne de guitare, la voix entre en scène. C'est puissant, c'est sans appel. On aime ou on n'aime pas, mais il est impossible de rester indifférent. Les refrains s'enflamment, tout en maîtrise. L'entrée en matière se fait sans ménagement. A l'image du disque, d'ailleurs. Ce qui est également intéressant, en effet, c'est la multitude d'univers et d'influences, qui font de chaque chanson un morceau unique et très différent des autres, sans enlever à l'album sa cohérence. Car 21 mélange pop (Rolling in the deep, He won't go, Set fire to the rain), ballades (Don't you remember, Someone like you) et titres soul et funk (Rumor has it, I'll be waiting) avec une apparente facilité qui est désarmante.
La voix, ensuite. Puissante, travaillée, au millimètre. Maîtrisée. Cela semble facile à l'entendre, mais croyez-moi, j'essaie, et j'en suis encore très loin, même si ma tessiture est proche de la sienne. J'aimerais vraiment un jour avoir le dixième de sa puissance, de sa couleur vocale, de la richesse de sa voix. C'est pas donné à tout le monde, de chanter comme ça. Hein Britney ?
La production (avec notamment l'omniprésent Rick Rubin) n'est évidemment pas pour rien dans cette efficacité ; je ne vais pas nier que l'album est construit, élaboré et clinquant comme une machine de guerre, avec la subtilité qu'on imagine. Mais tant pis, ça marche, on s'en prend plein la tronche de A à Z, et dans une industrie de la pop faussement provocatrice et vraiment beaucoup trop lisse, ça fait du bien de trouver des artistes qui vendent beaucoup et qui ne vendent pas du vent ou des paillettes. Et re-paf.
Points à la ligne : Rolling in the deep, Rumor has it, Turning Tables, Set Fire to the Rain, I'll be waiting, Someone like you
Petites erreurs : Don't you remember, Take it all
Humeur du jour : positive mais épuisée
Chanson du moment : La Pompe Moderne - Garçon