Semaine 22 - 1 / The way of all flesh
Artiste : Gojira
Titre : The Way of All Flesh
Date de parution : 2009
Date de découverte : février 2010
Label : Listenable
Note : 8.5 /10
Tremblement de terre
Gojira… Comme vous le savez peut-être, ce nom est la transcription française du nom original de Godzilla. Vous savez, le gros monstre préhistorique qui fait beaucoup de bruit et détruit des villes rien qu’en marchant.
Eh bien ce groupe mérite bien son nom. En effet, en quelques années et quatre (cinq ? - merde, je sais plus) albums, Gojira a acquis une réputation solide sur la scène metal internationale. En effet les enfants, c’est pas tous les mois qu’un groupe français ouvre pour Metallica. Compris ?
Concrètement, Gojira, depuis Terra Incognita, leur premier album, c’est du death metal puissant, très technique, étonnant de maîtrise.
C’est encore le cas de cet album. Et on le comprend dès les premières notes d’Oroborus, le morceau d’ouverture : un riff à tomber par terre, une lourde batterie, sur lesquels vient tout de suite se caler un chant furieux, lui aussi très maîtrisé. Tout le disque est à cette image, mélange de colère et de contrôle. Cela se retrouve notamment sur A Sight to Behold, morceau presque tranquille, qui assène sa vérité sans hésitation. D'autres titres, comme Toxic Garbage Island ou Adoration for None, sont plus énervés, plus tempêtueux, mais conservent leur urgence. Même The Silver Cord, le titre le plus lent de l’album, écrase l’auditeur de par sa précision.
En fermant les yeux, on s’imagine aisément au bord d’une falaise, avec dans son dos la lande verte, et à dix mètres en contrebas, une mer déchaînée par les vents sous un ciel noir. La violence est ici celle des éléments : la terre, l’air, l’eau. Le feu, il est à l’intérieur du corps.
Les thèmes abordés sont les mêmes que dans les précédents albums, des sujets chers au groupe, tournant autour de l'écologie. Autre point qui les différencie de la plupart des groupes de metal en activité : là où d’autres écrivent sur le mal-être, sur le désespoir et sur la perte de foi en l’humain, Gojira écrit sur la pollution, le réchauffement climatique, le braconnage des espèces protégées. Plus que la mort de l'homme, c’est face à la mort du monde que le groupe veut nous mettre. Pour nous pousser à nous poser les questions qui dérangent. Sans politisation excessive.
Pour tout cela, cet album – et tous les albums de Gojira – sont vraiment à part dans le paysage metal français et mondial. Grâce à ses différences, son engagement et surtout à ses qualités techniques et mélodiques, le groupe a acquis un statut de poids lourd sur la scène internationale. Au point de jouer aux Vieilles Charrues cet été, festival mainstream s’il en est.
C’est si simple, des fois, et ça fait tellement de bien, une grosse claque dans la gueule.
Cris de guerre : Oroborus, All the Tears, Vacuity, The Art of Dying
Cessez-le-feu : Adoration for None, Yama's Messengers
Accrochez vos ceintures.
Humeur du jour : blasée
Chanson du moment :The Mars Volta - Cassandra Gemini