Semaine 16 - 1 / Wiretap Scars
Artiste : Sparta
Titre : Wiretap Scars
Date de sortie : août 2002
Date de découverte : mars 2010
Label : Universal
Note : 6.5 /10
Extinction de voix :
C'est ce que j'aurais si je m'essayais à chanter à froid l'une des chansons de ce groupe. Né de la séparation d'At the Drive-In, composé à l'origine de Jim Ward, Paul Hinojos et Tony Hajjar, Sparta ne tarde pas à sortir son premier album, ce Wiretap Scars.
Ayant découvert en parallèle At the Drive-In, The Mars Volta et Sparta (les deux derniers étant issus du premier, pour ceux qui comme moi auraient passé un peu trop de temps dans un bunker), je serais assez mal placée pour dire lequel de ces deux groupes a le mieux conservé l'esprit d'ATDI. Dans l'absolu, je m'en fous, d'ailleurs ; je parlerai de The Mars Volta un autre jour, mais pour le moment, je me bornerai à dire que ces deux groupes sont vraiment trop différents.
Sparta, donc. Wiretap Scars. L'album commence par une grande claque dans la gueule. Je ne vois pas trop comment décrire Cut Your Ribbon autrement. Changements de rythme, voix sur la corde très très raide qui a dû influencer certains groupes emo (un poil de testostérone et de vécu en plus), de la colère de bout en bout. Un morceau fabuleux, noir et sec, sans concession. On souhaiterait que tout l'album soit de la même intensité. Mais non : dès Air, le second morceau, on revient à un rock un peu plus calme, à l'énergie plus maîtrisée. Il faut attendre Sans Cosm pour retrouver les cris colériques de Jim Ward, soutenus par une guitare et une batterie plus qu'énervées : un déferlement sonore qui fait bouger la tête et donne envie de hurler à tue-tête. Les enfants, la teenage angst a du bon, quand elle prend dix ans. C'est ce quon se dit aussi en écoutant Lights Burn Clear : commençant comme une ballade emo, elle se finit en scansion crâneuse.
Où on les attend simplistes, ils multiplient les niveaux de lecture. Où on les veut adultes, ils s'énervent comme des ados. Où on pense qu'ils se casseront la gueule, ils assurent. Comme sur ce RX Coup, dont j'adore la mélodie du refrain, ou Echodyne Harmonic et sa maîtrise.
Du début à la fin, Sparta a livré une bataille, en douze assauts intenses, alternant passages en force et ruses subtiles, sans tomber dans la facilité. Douze morceaux absolument rock, sombres et juste assez torturés pour nous donner envie de hurler avec eux.
Et même si on a parfois l'impression d'entendre les précurseurs de certains groupes emo qui, eux, enfoncent parfois des portes ouvertes, il apparaît qu'aucune porte n'était ouverte devant Sparta. Renaissant des cendres d'un groupe adulé, beaucoup les attendaient au coin du bois, la mâchette entre les dents, prêts à les ouvrir en deux. Mais, avec cet album, les membres de Sparta ont prouvé qu'ils n'étaient pas simplement les faire-valoir de Cedric Bixler et Omar Rodriguez. Na.
Taches d'encre : Cut Your Ribbon, Sans Cosm, Echodyne Harmonic, RX Coup
A côté de la page : Collapse
Sur les ondes :
Humeur du jour : frustrée (argh)
La chanson du moment : The Zutons - Valerie