Semaine 17 - 2 / Go
Artiste : Jónsi
Titre : Go
Date de sortie : avril 2010
Date de découverte : avril 2010
Label : Parlophone
Note : 7 / 10
L'Islande, c'est tendance.
Avril : mois de l'Islande en Europe. Un volcan éruptionne et crache des cendres que les vents portent sur toute l'Europe pour faire peur à tout le monde, et le chanteur de Sigur Rós sort son premier album solo. N'étant absolument pas vulcanologue, je vais me borner à parler de ce disque.
J'avoue que si je m'y suis intéressée, c'est à cause du buzz qui a précédé sa sortie. Sigur Rós, groupe islandais progressif et psychédélique, tient le haut du pavé chez les critiques et les amateurs de musique un peu intello depuis plusieurs années. Perso, j'avoue que je n'ai jamais vraiment accroché, peut-être parce que je n'ai jamais pris le temps de m'y plonger complètement. Mais j'ai quand même voulu voir ce que ce disque avait dans les pistes.
Je dois dire que le premier morceau est particulièrement bien choisi : c'est le très rapide Go Do, qui évoque un train lancé à grande vitesse dans une campagne ensoleillée. C'est frais, ça foisonne d'instruments, de samples, d'électronique et de symphonique...
L'album continue avec le très expérimental Animal Arithmetic, qui se trouve quelque part entre le bidouillage électro aléatoire et la comptine pour enfants, mais qui maintient un rythme très enlevé. Tornado et Boy Lilikoi, les deux morceaux suivants, gardent cette atmosphère très onirique, enfantine, mais sont plus posées, plus calmes. Elles annoncent un Sinking Friendships mélancolique (mais le titre l'annonce assez clairement...) et surtout le morceau que je préfère dans cet album, même si l'écriture et la prononciation du titre sont une véritable souffrance : Kolniður. Un titre sombre, où la voix semble posée et ancrée dans la terre, même dans les aigus. Une réflexion, une introspection. Un temps d'arrêt dans un tourbillon : les instruments se calment, la rythmique ralentit considérablement, et le résultat tranche avec le reste de l'album, ce qui rend ce morceau assez unique. Et je reste persuadée que les inflexions si particulières de la voix de Jónsi ont un effet plus marqué lorsqu'il chante en islandais.
Reprenons. Le fil. La danse plutôt, car le morceau suivant est un Around Us épique, le pendant nocturne de Go Do. Ensuite, la mélodie se calme à nouveau, pour un Grow Till Tall stellaire qui pourrait presque sonner comme un requiem, si l'on souhaitait l'entre comme ça. Mais le vrai requiem est peut-être le morceau de clôture, ce Hengilás qui pourrait être le générique de fin d'un film froid et profond de désespoir.
Au fil des neuf titres de cet album très intense, Jónsi souffle le chaud et le froid, alterne entre voix posée et aigus célestes, emporté par une musique complexe, très expérimentale, abstraite, minérale (par opposition à l'adjectif "organique" dont j'use et abuse pour qualifer certaines musiques), dans laquelle il est assez facile de se perdre, tant l'univers est fantastique et fait appel à notre imagination.
Et la mienne, d'imagination ? Elle suit, mais elle s'essouffle parfois. Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier la qualité des compositions, leur richesse et leur originalité.
C'est un joli voyage, mais que l'on ne peut pas faire tous les jours...
Au soleil : Kolniður, Grow Till Tall, Go Do
Dans la pénombre : Tornado, Animal Arithmetic
Pierre volcanique :
Humeur du jour : fatiguée...
Chanson du moment : The Dillinger Escape Plan - Gold Teeth on a Bum